• Un petit papier qui sera dans le numero d'avril de Gavroche .

    A défaut de rétablir la paix dans le Sud ou la démocratie dans tout le pays, le gouvernement du général Surayud s'attaque à un ennemi sournois qui fait des ravages dans le royaume depuis des années : l'alcoolisme. Thaksin Shinawatra, il y a deux ans, avait fait voter une loi unique au monde, interdisant la vente d'alcool avant 11h du matin et entre 14h et 17h. Son successeur fait mieux encore. Un projet de loi adopté en mars par le conseil des ministres prévoir d'interdire la vente de boissons alcoolisées aux moins de vingt ans et d'autres joyeusetés qui risquent de fâcher les producteurs et distributeurs. Ces derniers, emmenés par les brasseurs et les vendeurs locaux de whisky bon marché, qui ont vu leurs ventes exploser en une dizaine d'années, font grise mine.

    Pensez donc : un plan de zonage, établissant les lieux où pourront être vendus ces boissons, devrait être établi, interdisant notamment la vente aux environs des écoles et des temples – vu le nombre de temples et d'écoles dans le royaume, il y a de quoi se poser des questions. Par exemple, quid des établissements situés sur Convent Rd et Silom, à proximité de la prestigieuse école St Joseph ? Les « anti-alcool », 246 organisations de tout le pays, auraient déjà réuni quatre millions de signatures en faveur du projet de loi. Les alcooliques restent anonymes mais feraient bien de commander une dernière tournée avant la fin de l' « Happy Hour ».

    FT


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  • C'est une guerre mondiale. La Thaïlande est l'un de ses terrains de bataille. Face à face : les gouvernements de pays en développement et les grands laboratoires pharmaceutiques. Enjeu : les millions d'humains victimes du Sida et trop pauvres pour se procurer des antri-rétro-viraux vendus au prix de l'or par des producteurs occidentaux. Ayant cédé du terrain lors des négociations au sein de l'Organisation Mondiale du Commerce, les laboratoires tentent, par toutes sortes de moyens de pression, de conserver ce qui reste de leur monopole de fabrication et de distribution. Particulièrement touché par l'épidémie de sida, le royaume se défend comme il peut.

    Le gouvernement thaïlandais a décidé en février de mettre en place un système de « Licence obligatoire », qui permet de fait l'importation de trois médicaments génériques destinés à soigner les personnes atteintes par le HIV – une pratique en ligne avec les accords de l'OMC. Abbott, laboratoire américain  producteur du Kaletra, l'un des médicaments visés, a décidé de prendre des mesures de représailles et de stopper la distribution de sept de ses produits en Thaïlande, y compris pour des maladies des reins et de la circulation. Les activistes thaïlandais ont rapidement pris le mords aux dents et entamé une campagne de boycott de tous les produits fabriqués par Abbott. Dénonçant l'avarice du laboratoire américain, ils ont été rapidement rejoint par Médecins Sans Frontières, qui les soutient et envisagent de lancer une campagne mondiale de boycott d'Abbott ! De son côté, la firme américaine a dénoncé, sans rire, « l'immoralité » du gouvernement thaïlandais. De la part d'une compagnie qui a dégagé 3,3 milliards de dollars de profits en 2006, c'est assez gonflé !

    FT


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  • Le bras de fer entre la Thaïlande et Singapour a pris de l'ampleur en février. Après la visite controversée de Thaksin Shinawatra dans l'île-Etat, l'outrage aux supporters thaïlandais lors de la défaite de leur équipe face à Singapour suite à un pénalty pas évident, voici que le leader de la junte réclame le retour dans son giron d'un satellite vendu il y a un an au singapourien Temasek.

    Dans le cadre de la vente de son empire des Télécoms Shin Corp. à la firme de Singapour, pour 3,8 milliards de dollars, Thaksin Shinawatra avait en effet vendu l'un des bijoux de la famille. Sonthi Boonyarathin, le général qui l'a évincé du pouvoir le 19 septembre, réclame, pour des raisons de sécurité nationale, que Temasek rende au peuple thaïlandais non seulement le satellite, mais aussi le contrôle de AIS, le principal opérateur de téléphonie mobile du royaume.

    « Les avoirs de la nation, où qu'ils soient, appartiennent toujours à la Thaïlande et au peuple thaïlandais. Voulez-vous que je reste assis à ne rien faire ? Mon devoir est de sauver le pays et ses avoirs. Je veux qu'on me rende mes affaires ! », s'est exclamé le chef de la junte dans un accès de sincérité nationaliste émouvant. En janvier, il avait déjà affirmé, sans preuves, que les Singapouriens espionnaient sans vergogne les communications militaires thaïlandaises par l'intermédiaire de Shin Corp.

    Cependant, le général Sonthi n'a pas donné beaucoup de détails sur les modalités d'un rachat – complet ou partiel – de Shin Corp. Une nationalisation ? Cela ferait bien rire les altermondialistes...

    FT


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  • La guerre froide existe encore. Pour 153 Hmongs réfugiés en Thaïlande, le retour au Laos communiste, leur pays d'origine, est tout simplement inimaginable. Ce groupe, qui comprend des femmes et des enfants, devait être rapatrié le 30 janvier dernier par les autorités thaïlandaises.

    Mais les Hmongs ont ce jour-là physiquement résisté à la déportation, menaçant de se suicider en masse, et dénoncé la persécution dont est victime leur ethnie au Laos – ces montagnards furent les alliés de la CIA pendant « la guerre secrète » des années soixante et soixante-dix. Quelques groupes pauvrement armés continuent à se battre dans la jungle contre le régime. Près de 300,000 vivent aujourd'hui à l'étranger, principalement aux Etats-Unis.

    Sous la pression de l'UNHCR, qui avait accordé à la plupart des 153 Hmongs le statut de réfugiés, la Thaïlande a finalement renoncé  à leur rapatriement. Plusieurs pays occidentaux ont proposé de les accueillir. Mais les autorités de Vientiane ne s'avouent pas vaincues et continuent à réclamer leur retour.

    FT 


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  • Bonjour,

    De retour en Thailande apres des vacances frisquettes dans l'Hexagone. Je vous souhaite a tous une excellente annee 2007, pleine de bonnes surprises et de rencontres agreables. 

    Pour les Thailandais, l'annee 2006 s'est terminee en catastrophe, avec ces huit bombes qui ont explose au coeur de Bangkok. Pas de Francais touche, et donc peu de retombees dans la presse hexagonale. J'ai quand meme pondu le papier suivant.

    Je vous en souhaite bonne lecture en attendant de vous retrouver tout au long de 2007 pour faire le point sur les affaires qui secouent cette belle region.

    A bientot,

    FT

     

    Thaïlande



    Attentats-mystère



    Il a suffit d'un soir, la veille du nouvel an, pour que la Cité des Anges
    devienne celle de la peur. Les huit attentats qui ont secoué le centre de Bangkok
    le 31 décembre, faisant trois morts et plus de quarante blessés, ont constitué
    un brutal rappel à la réalité de l'instabilité politique croissante que connaît
    le royaume. Les habitants de la capitale thaïlandaise avaient depuis longtemps
    l'illusion de vivre dans un sanctuaire, à l'abri des violences qui déchirent
    quotidiennement les provinces musulmanes du Sud. Même le coup d'Etat du 19
    septembre dernier s'était déroulé sans le moindre coup de fusil.



    Le Conseil National de Sécurité, représentant la junte militaire au
    pouvoir, a rapidement accusé des supporters de l'ancien premier ministre
    Thaksin Shinawatra, déposé en septembre, d'être à l'origine des attentats. Le
    mode opératoire des terroristes – explosions simultanées, cibles civiles,
    bombes de petite taille – semble pourtant pointer vers les rebelles d'inspiration
    islamiste du Sud, dont les leaders n'ont jamais exclu de viser la capitale. Certains
    analystes avancent par ailleurs qu'une faction mécontente au sein de l'armée
    pourrait avoir organisé les attaques. Le mystère reste entier et la menace demeure.

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