• Clinton nostalgie

    C'etait avant huit ans de busheries...

    10 novembre 2000

    Vietnam - Etats-Unis
    Clinton tourne la page

    Bill Clinton n'a pas fait la guerre du Vietnam. Mais il sera peut-être l'homme qui en refermera la plaie, en tant que premier président américain à visiter Hanoi et Hô Chi Minh-Ville - l'ex-Saigon - depuis la fin du conflit, en 1975. Du 17 au 19 novembre, accompagné de sa fille, Chelsea, et d'une très importante délégation de sénateurs, de diplomates et d'hommes d'affaires, Bill Clinton aura à coeur de tourner définitivement la page sur les années de sang et de larmes. Profondément marqués par une guerre qui a tué 58 000 " boys " et 3 millions de Vietnamiens, les deux pays se sont lentement rapprochés depuis quelques années. Hanoi et Washington travaillent ensemble à la recherche des restes des 1 500 soldats américains toujours portés disparus.

    Si le président américain doit assister au rapatriement, depuis l'aéroport de la capitale vietnamienne, de plusieurs corps retrouvés récemment, l'évocation de souvenirs douloureux ne sera qu'une étape de la visite. Bill Clinton se concentrera plutôt sur l'avenir et sur les programmes de coopération, les perspectives commerciales ouvertes aux entreprises américaines.

    Aux yeux des Vietnamiens, Clinton est le véritable artisan du rapprochement entre les deux pays. C'est sous sa présidence qu'ont été rétablies les relations diplomatiques avec Hanoi. Début février 1995, des drapeaux américains avaient ainsi fait la une de la presse locale, même si les investissements n'avaient que très modestement suivi.

    Après des années de tergiversations, un accord commercial d'importance a été signé en juillet entre les deux pays. Il pourrait, selon les experts, permettre au Vietnam de doubler ses exportations vers les Etats-Unis. " L'enjeu du passage de Clinton est énorme, affirme un diplomate occidental en poste en Asie. Cela va pousser le Congrès américain à ratifier l'accord commercial, et donc accélérer l'adhésion du Vietnam à l'OMC. C'est une véritable bouée de sauvetage, car le pays a été déserté par les investisseurs depuis la crise asiatique. " Selon un observateur local, 40 % des expatriés travaillant au Vietnam auraient plié bagage depuis 1998.

    " Cette visite donnera un coup de fouet aux affaires. Elle va nous permettre de travailler beaucoup plus facilement, de légitimer notre présence et celle des autres investisseurs au Vietnam ", explique un entrepreneur américain basé à Hô Chi Minh-Ville.

    Dans un pays qui voue toujours un culte sans partage à Marx et à Lénine, où le parti unique censure la presse et emprisonne les opposants politiques, le président américain devrait profiter de son aura pour rappeler à ses interlocuteurs quelques principes démocratiques. " Droits de l'homme et libertés religieuses seront au menu ", affirment les officiels de Washington. Il serait notamment prévu que Bill Clinton rende visite à Pham Van Man, l'archevêque d'Hô Chi Minh-Ville. Les Américains souhaitent que le président participe également à une table ronde avec des juristes indépendants et des intellectuels. Le numéro un américain pourrait enfin visiter un cybercafé afin d'encourager les autorités à relâcher leur contrôle sur le réseau Internet.

    Le passage du président des Etats-Unis au Vietnam devrait s'effectuer après une rencontre au sommet, à Brunei, avec la plupart des leaders asiatiques, et figure dans le droit-fil des actions de soutien à la réconciliation en Corée. Le périple asiatique de Bill Clinton, même postélectoral, n'est donc pas une " tournée des adieux ". Il marque, au contraire, un retour en force de l'Oncle Sam et de sa diplomatie dans la région, de la péninsule coréenne au Vietnam, via la Chine.

    FT


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