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Est-ce la fin de Cambodge Soir ? Espérons que l'équipe éditoriale saura trouver ailleurs les soutiens nécessaires à la poursuite de leur aventure collective, loin de ces actionnaires méprisants et dont l'attitude intolérante frise l'intolérable.
Bon courage les amis, nous sommes nombreux à vous soutenir (pour contacter le collectif Cambodge Soir : collectifcs@gmail.com )
Communiqué de presse du 12 juillet 2007
Démission collective à Cambodge Soir, triste 14 juillet pour la
francophonie...
Les 17 journalistes et traducteurs, cambodgiens et français, de Cambodge
Soir ont démissionné collectivement mercredi 11 juillet, sous la contrainte,
pour mettre un terme au conflit qui les oppose à la direction depuis un mois
et pour lequel la direction n'a jusqu'ici proposé aucune issue. A peine 2
rencontres de deux heures en un mois, ce n'est pas ce qu'on appelle une
volonté de négocier ! Les journalistes et traducteurs, qui ne font que
demander des garanties de leur indépendance éditoriale depuis l'exclusion
injustifiée d'un journaliste de la rédaction, exaspérés par le mépris dont
ils font l'objet depuis un mois, sont déterminés à rester unis. La direction
a réussi à écoeurer ses employés mais n'est pas parvenue à briser la
solidarité exemplaire de l'équipe qui fait la force de Cambodge Soir et son
identité.
Pourquoi nous avons démissionné ?
- Contraints pour des raisons matérielles. A la date du 11 juillet, les
employés n'avaient toujours pas reçu leur salaire du mois de juin, y compris
pour les jours travaillés. La direction se plaçant en infraction avec la loi
et les salariés étant à court de revenus, nous n'avons eu d'autre choix que
de démissionner, poussés à bout par la direction. En apprenant notre
démission, la direction a annoncé par SMS à certains membres de la rédaction
le versement des salaires le 13 juillet, sans pour autant proposer de
discussion.
- La direction fait volontairement durer le conflit. Depuis le début du
mouvement, elle refuse de répondre à nos questions. Nous avons eu deux
rendez-vous en un mois avec la direction (le 12 juin puis le 2 juillet), d'à
peine deux heures chacun. Nous avons envoyé le 3 juillet un document de
travail à la direction proposant une réorganisation du journal, seule
manière selon nous de garantir l'indépendance éditoriale de la rédaction. La
direction a assuré plancher sur le document mais n'a rien proposé de concret
depuis, pas même une rencontre pour en discuter. Nous avions posé un
ultimatum de négociations au 9 juillet en précisant, dans un courrier du 6
juillet, qu'il serait regrettable de saisir le conseil d'arbitrage en cas de
refus de leur part. La direction n'a pas jugé utile de répondre à cette
demande, ni de fixer un nouveau rendez-vous, ni de fournir de document
contradictoire. Rien. Rien d'autre qu'un mail évasif envoyé par le directeur
Philippe Monnin dimanche 8 juillet à 23 h 30 pour remettre les négociations
à plus tard. De qui se moque-t-on ? En usant sans cesse de mesures
dilatoires pour repousser l'échéance des discussions, la direction ne nous a
donc laissé d'autre choix que de démissionner pour saisir le conseil
d'arbitrage.
- La direction est de mauvaise foi. Elle annonce le 2 juillet qu'elle n'a
que 4 800 dollars sur son compte et qu'elle n'a pas les moyens de payer les
salaires. Au cours de la même rencontre, elle met au rang de ses priorités
un réaménagement des locaux de Cambodge Soir. Les rédacteurs et traducteurs
ont pris comme une marque de mépris qu'il n'y ait pas d'argent pour les
payer et qu'en revanche la direction n'ait aucune difficulté à envisager des
travaux.
- La direction nous ment. Le 12 juin Philippe Monnin annonce devant son
adjointe Emmanuelle Billier-Gauthier et 15 journalistes et traducteurs la
mise en « liquidation » du journal pour faillite. Le 2 juillet, il assure
devant la délégation des rédacteurs et traducteurs qu'il n'a jamais parlé de
« liquidation ». Son adjointe acquiesce. Kong Rithy Chup, un des 5
administrateurs du journal, parle alors de « suspension » pour raisons
économiques.
- Nous demandons un minimum de considération. S'il est évident que les
administrateurs ont consenti des efforts financiers pour permettre la survie
du journal, ils tendent à oublier nos propres sacrifices. Pendant de
nombreuses années la plupart des employés du journal ont continué à
travailler malgré des retards de salaires récurrents, allant pour certains
jusqu'à six mois. Quel salarié accepterait de travailler dans de telles
conditions s'il n'était attaché à son entreprise ? Nous n'avons pas de
contrat de travail, pas d'assurance, pas de prise en charge des visas de
travail pour les Français, des salaires quasiment jamais réévalués et trop
bas pour les Cambodgiens au regard de leurs compétences, pas de règlement
intérieur, pas de délégué du personnel... Autant de manquements qui
constituent pour certains des violations du code du travail.
- La direction ne joue pas franc jeu, entretenant le plus grand flou quant à
l'avenir de l'entreprise. Pourquoi a-t-elle laissé s'enliser la situation
pendant plus d'un mois ? Pour en finir avec Cambodge Soir ? Pour mettre en
place un nouveau projet ? Pour diviser la rédaction ? Pour provoquer de
nouvelles démissions, dans la foulée de celle de l'ancien rédacteur en chef,
Pierre Gillette ? Nous avons posé toutes ces questions. Aucune réponse ne
nous a été donnée. Nous ne pouvons plus tolérer ce silence, ce mépris, cette
situation instable, précaire, humiliante et moralement épuisante.
C'est pourquoi nous nous résignons, avec une profonde tristesse, à quitter
tous ensemble ce journal auquel nous sommes tant attachés.
Les journalistes et traducteurs de Cambodge Soir.
Contacts : Stéphanie Gée 012 914 418 ; Leang Delux 016 63 06 70.
Les journalistes et traducteurs de Cambodge Soir vous invitent à les
rencontrer au Gasolina, 56-58 rue 57, vendredi à partir de 18 heures.
Publié par tourane à 12:18:05 dans asiareports | Commentaires (0) | Permaliens