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Publié par tourane à 16:36:32 dans asiareports | Commentaires (0) | Permaliens
En guenilles, l'air un peu égaré de ceux
qui retrouvent la lumière, deux cents femmes, enfants et vieillards ont
émergé le 4 juin de la jungle. Suivant la route, les Hmong ont rejoint
un petit village du nord du Laos, où la population, surprise, les a
accueillis à bras ouverts. Ce petit groupe formerait l'avant-garde de 7
000 à 8 000 montagnards prêts à rendre les armes après trente ans de
résistance au régime communiste laotien.
Avec cette reddition
annoncée, l'une des dernières plaies ouvertes de la guerre du Vietnam a
commencé à se refermer. La guérilla hmong, formée et équipée par la CIA
pour lutter contre les communistes dans les années 60, avait continué
son combat après la prise du pouvoir par le Pathet Lao en 1975.
«
C'est une armée de va-nu-pieds, équipée de machettes et d'armes
légères, mais elle constituait une épine dans le pied des autorités de
Vientiane », explique un diplomate occidental. Le régime laotien était
fréquemment vilipendé par les défenseurs des droits de l'homme pour ses
raids militaires contre ces tribus rebelles retranchées à des jours de
marche dans la forêt.
La reddition des Hmong, qui ferait suite à
plusieurs mois de négociations, a été approuvée par le général Vang
Pao, ancien chef de l'« armée secrète » exilé aux Etats-Unis
Publié par tourane à 09:52:17 dans asiareports | Commentaires (10) | Permaliens
conspirations et machinations
coup tordu américain, émergence d'un mouvement d'opposition ultra-violent ou
même terrorisme islamique : les spécialistes de la Birmanie qui tentent
d'analyser les attentats du 7 mai se perdent en conjectures.
tous les témoins du meurtre sont des suspects en puissance. Depuis les
attentats du 7 mai, qui ont plongé dans l'effroi les habitants de la capitale
birmane, les spécialistes de la politique birmane se creusent la cervelle et
épuisent leurs sources à tenter d'identifier les responsables.
Ce samedi après-midi-là, Rangoon a connu la terreur d'une
violence aveugle pour la première fois depuis près de vingt ans. Quatre bombes
ont explosé quasi-simultanément dans deux supermarchés City Mart et un centre
de congrès, le Myanmar Convention Center. Ce dernier abritait une exposition de
produits thaïlandais. Le bilan officiel, qui fait état de dix-neuf morts et
cent-cinquante blessés, est, selon des témoins, sans doute largement
sous-estimé.
La junte birmane a d'emblée, sans apporter la moindre
preuve, accusé les rebelles shan, karen et karenni, qui mènent depuis des
années une lutte armée contre le régime, d'être les organisateurs de l'attentat.
Pour faire bonne mesure, les militaires ont également mis dans le même panier
le gouvernement en exil, NCGUB. Dix jours plus tard, lors d'une conférence de
presse, le ministre de l'Information du SPDC (State Peace and Development
Council, nom officiel du régime), Kyaw Hsan, donnait davantage de détails : les
terroristes auraient reçu une formation au maniement d'explosifs dans un camp
situé en Thaïlande par trois experts étrangers, dont un journaliste,
appartenant à une organisation mondialement connue d'une certaine grande
nation. Directement visés : les Américains et la CIA.
Des militaires dans le coup ?
La plupart des experts indépendants ont rapidement écarté la
possibilité d'une implication américaine dans les attentats du 7 mai. Mais ils
n'ont pas manqué de noter une autre information donnée par Kyaw Hsan :
l'explosif utilisé par les terroristes était du RDX (Research Department
Explosives). Très puissant (les explosions ont été entendues à plus de six
kilomètres), ce matériel militaire était en Birmanie exclusivement en
possession des militaires, qui l'importaient de Chine populaire. Ce qui rend
plus crédible encore la théorie de la conspiration la plus en vogue, celle d'un
règlement de comptes au sein de la junte.
Depuis la mise à l'écart de l'ancien Premier ministre Khin
Nyunt, en octobre dernier, le régime birman est en équilibre instable. Ses deux
hommes forts, le tout-puissant chef de l'Etat Than Shwe et le chef de l'armée
Maung Aye, ont certes éliminé la menace que représentait leur rival. Mais ils
se sont aussi privés de centaines d'hommes appartenant à l'appareil de
renseignement militaire (MIS) mis en place et dirigé par Khin Nyunt. Ses
puissants officiers ont tout perdu en quelques jours : leur famille souvent,
leur maison, leur véhicule et... leurs affaires florissantes. Beaucoup sont en
prison, d'autres sous surveillance étroite; certains ont choisi d'entrer dans
la clandestinité. Les fidèles de l'ancien Premier ministre, habiles au
maniement des explosifs et sachant s'en procurer auraient ainsi un mobile
parfait pour avoir commis les attentats du 7 mai : la vengeance.
L'analyse des cibles visées le 7 mai ménerait également vers
les mêmes suspects et ajoute une dimension business à l'affaire : le Myanmar
Convention Center, source importante de revenus, serait passée sous le contrôle
des forces de l'Armée de l'Air, après que le MIS en ait été écarté en octobre.
Quant aux supermarchés CitY Mart, ils sont aux mains d'un groupe
d'entrepreneurs dont fait partie la fille du général Maung Aye. Quelques pistes
sur Internet indiquent que City Mart était l'un des partenaires de Bagan Cyber
Tech, fournisseur d'accès à Internet aux mains de Ye Naing Wynn, l'un des deux
fils de Khin Nyunt. Comme par hasard, les attentats ont eu lieu quelques jours
avant que commencent les procès de Ye Naing Wynn et de son frère aîné, arrêtés
dans la même vague que leur père.
Des opposants en colère ?
Toutes ces convergences ne suffisent pas pourtant à éliminer
les autres suspects potentiels. Depuis plusieurs mois, les milieux de
l'opposition birmane enregistrent une vague de mécontentement, voire de colère,
inédite dans un mouvement dont la figure de proue, le prix Nobel de la Paix
1991 Aung San Suu Kyi, est une adepte de la non-violence pronée par le Mahatma
Gandhi. Certaines rumeurs font même état d'un mouvement fantôme, né d'une
exaspération face à l'impuissance de la Ligue Nationale pour la Démocratie
(LND) d'Aung San Suu Kyi, prêt à s'engager dans une lutte armée terroriste. Le
spectre du groupe des Vigoureux Etudiants Birmans, qui a déjà revendiqué
plusieurs actions violentes, mais jamais contre des cibles civiles, flotte
également dans l'air. Néanmoins, il est difficile d'imaginer que ces groupes
aient disposé des moyens et du savoir-faire technologique pour organiser ces
trois attentats simultanés avec autant de précision à moins que la CIA n'y
soit pour quelque chose, ce qui nous ramène à la case départ...
Enfin, la dernière piste évoquée, plus confidentiellement, à
Rangoon, est celle de terroristes islamiques. Ceux-ci auraient pu vouloir
étendre à Rangoon les luttes que se livrent les ethnies musulmanes et leurs
pouvoirs de tutelles aux frontières entre le Bengladesh, la Birmanie et l'Inde.
Quatre musulmans d'origine indienne auraient ainsi été arrêtés près de la
frontière du Bengladesh à la suite des attentats du 7 mai.
Quelle que soit l'organisation qui se cache derrière les
actes terroristes de Rangoon, il y a fort à craindre qu'elle n'en reste pas là.
Le passage à la violence aveugle et au meurtre de civils innocents est souvent
le signe d'une résolution implacable.
François Tourane
Publié par tourane à 14:06:59 dans asiareports | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par tourane à 04:20:58 dans asiareports | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par tourane à 04:39:42 dans asiareports | Commentaires (4) | Permaliens
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