Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

asia-reports

l'Asie du Sud-est vue du Mont Blanc !

MON LIVRE !

Vous pouvez commander mon dernier bouquin sur amazon.fr. Tapez "Tourane" et "vietnam" dans la fenêtre de recherche. "Vietnam, Mémoires Vives" est un récit de voyage au Vietnam, publié aux Editions Lonely Planet, dans une nouvelle collection consacrée aux "Ecrivains Voyageurs". ISBN : 978-2840705789. Prix : 21 euros. Bonne lecture ! FT

Octobre

DiLuMaMeJeVeSa
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031 

Rechercher

Compteur

Depuis le 23-10-2004 :
122994 visiteurs
Depuis le début du mois :
1113 visiteurs
Billets :
163 billets

Google Analytics

asiareports

  • RSS
  • RSS
  • Podcast
  • atom 03

Laos et Mekong | 30 octobre 2004




Voyages
de légende


Laos : en suivant le Mékong

Dans des remous
époustouflants, le Mékong se précipite sur les rochers noirs, soulevant à
plusieurs mètres une brume d'embruns blanchâtres.

Les chutes de Khon,
gigantesque turbine naturelle, s'emballent ici depuis des millénaires, dans un
fracas étourdissant audible à plusieurs kilomètres. Selon une croyance locale,
un terrible Phi - un fantôme - se cacherait à cet endroit et empêcherait les
embarcations de monter ou de descendre le fleuve. Nous nous trouvons à
l'extrême sud du Laos, pays enclavé dont le grand fleuve est la seule mer. On
imagine l'effarement des premiers explorateurs de la « Mère des eaux », sans
voix face à cet obstacle infranchissable. Pour Doudart de Lagrée, Francis
Garnier et leurs compagnons, dont l'expédition remonta le Mékong en 1866, un
rêve s'est brisé ici : celui d'utiliser le fleuve comme voie commerciale entre
la Chine et le port, alors français, de Saïgon. Nous remontons en barque à
moteur jusqu'à Muang Khong, petit village situé sur une île au coeur du fleuve,
première étape de l'expédition de 1866 après les chutes de Khon. Sur la rive,
quelques paillotes et des maisons sur pilotis en bois, comme sur toute la
longueur du fleuve au Laos. Les paysans cultivent sur les berges des légumes,
des arbres fruitiers, et puisent l'eau pour inonder les rizières. Quelques
guesthouses, où des routards illuminés refont le monde autour d'un verre de
Beer Lao... Pour rejoindre, au nord, le temple khmer de Vat Phu, près de la
ville de Champassak, le mieux est d'attraper sur la route n° 13 un jumbo, une
camionnette-taxi qu'on partage avec des poulets et des poissons odorants. Le
sanctuaire du Vat Phu domine la vallée. La plaine s'étend à perte de vue et le
Mékong, vu d'en haut, ressemble à un long serpent paresseux. Les rizières vert
fluo dessinent un grand patchwork. Les ruines les plus anciennes datent du
royaume de Chenla du VIe au VIIIe siècle. Sur les murs du sanctuaire, deux
splendides apsaras, danseuses célestes aux sourires énigmatiques, lèvres
recourbées et coiffes somptueuses, n'ont rien à envier à celles d'Angkor Vat.
La magie de l'art khmer, après dix siècles de mousson, n'a pas pris une ride.
Dès les premiers siècles de notre ère, le sud du Laos était placé sous
l'influence khmère. Comme l'explorateur Henri Mouhot, redécouvrant Angkor en
1859, on se demande « ce qu'est devenu le peuple puissant, civilisé et éclairé,
auquel on pourrait attribuer ces oeuvres gigantesques ». Celui qui rêve de
jouer l'aventurier trouvera son bonheur à Um Muang. Ce petit temple
préangkorien du VIIIe siècle se trouve à 200 mètres du fleuve, à une quinzaine
de minutes en bateau depuis le Vat Phu. Empêtré dans la jungle, il semble
abandonné par le temps. L'un de ses deux bâtiments comporte encore quelques
linteaux sculptés de frises. Un linga aux faces sévères de dieux barbus se
dresse en son milieu. Quelques rais de lumière percent la forêt dense.

Un mékong à la couleur pourpre
En remontant jusqu'à Vientiane, le Mékong trace
la frontière avec la Thaïlande. Posée sur le fleuve, la ville a perdu beaucoup
de son charme de capitale la plus paisible d'Asie. La circulation est dense,
les publicités envahissent les façades. Les pagodes sont peut-être les seuls
endroits où l'on ressente encore le parfum d'une Vientiane éternelle. Lorsque
l'expédition Garnier-Lagrée arriva ici, elle trouva une ville fantôme, rasée
par les Siamois peu de temps auparavant. Ne subsistaient que les deux temples
de Vat Sisaket et Vat Pha Keo et le stupa géant du That Luang, symbole du Laos,
encore recouvert de peinture dorée comme pour afficher une richesse que le pays
n'a plus. C'est à l'heure du soleil déclinant qu'il faut grimper sur le mont
Phu Si. Ce conseil presque confucéen s'adresse à tous les visiteurs de Luang
Prabang. L'épreuve des 300 marches est peu de chose, comparée à la vue qui
s'offre depuis le sommet de cette colline sacrée, poussée comme une bosse au
confluent du Mékong et de la rivière Nam Khane. Luang Prabang s'étale,
gigantesque mosaïque de bâtiments coloniaux blanchis à la chaux, de temples et
de cocoteraies. Le Mékong se pare d'une couleur presque pourpre. A l'est se
dessine la silhouette du mystérieux mont Phu Suang, qui abriterait l'un des
quinze nagas, dieux-serpents, protecteurs de la ville. Les Laotiens considèrent
qu'il est dangereux de s'y rendre : de nombreux paysans n'en seraient jamais
revenus. En 1861, Henri Mouhot escalada cette montagne pour y étudier la faune
et mourut quelques semaines plus tard.
Un parfum d'éternité dans l'ancienne
cité royale

Les hommes de Doudart de Lagrée, puis Auguste Pavie, premier
consul français à Luang Prabang, vinrent apporter « civilisation et protection
» aux « peuplades » de la région. Mais aujourd'hui, clin d'oeil de l'Histoire,
des milliers d'Occidentaux viennent ici échapper à leur monde « civilisé ». Ils
goûtent sérénité et parfum d'éternité dans les rues et les temples de l'ancienne
cité royale. Le visiteur a d'ailleurs du mal à faire son choix entre les 35
monastères que compte la cité. Le Vat Xieng Thong, édifié en 1560, est sans
doute le plus parfait. Dans une de ses chapelles est allongé un bouddha
magnifiquement paré, fleuron de la statuaire classique lao. Et puis comme un
cadeau, le calme et la fraîcheur du Vat Pha Mahathat, ou bien un coucher de
soleil sur les flots du Mékong, depuis la terrasse du Vat Pha Bat Tai, un
temple vietnamien moderne au sud de la ville. Nous poursuivons la remontée du
Mékong en speed-boat, sorte de formule 1 du fleuve, barque à fond plat sur
laquelle on aurait greffé un moteur d'avion. Direction : le Triangle d'or, zone
frontière entre le Laos, la Thaïlande et la Birmanie. Les embarcations
remontent le courant en serpentant entre des montagnes de jungle, de plus en
plus hautes. A 2000 kilomètres de son embouchure, le Mékong est toujours aussi
large et puissant. De nombreux rochers, au milieu du fleuve, rendent la
navigation difficile. Dans cette région-là, arriver dans un village laotien, à
l'écart des circuits touristiques, c'est se retrouver dans la peau du « Barbare
en Asie » d'Henri Michaux. Il suffit pour cela d'attendre la panne de moteur
quotidienne, inéluctable avec toute embarcation laotienne. Il faut alors sauter
à terre, avancer dans la gadoue de la rive. « Falang ma », crient les enfants.
C'est le signal prévenant qu'un étranger arrive. A l'approche de Huay Xay,
notre terminus, l'horizon s'élargit, le Mékong serpente dans une large plaine,
très cultivée. Puis il s'oriente définitivement vers le nord. On aperçoit, dans
les brumes de la chaleur de midi, les montagnes du Triangle d'or, et au-delà,
on imagine déjà le Céleste Empire. Le rêve des expéditions du XIXe siècle, qui
voulaient utiliser le Mékong pour commercer avec la Chine, pourrait bien
devenir réalité dans les années futures : déjà trois immenses bateaux de
croisière venus du Yunnan ont accosté ces derniers mois à Luang Prabang.

Publié par tourane à 05:29:43 dans voyages | Commentaires (1) |

Yunnan : l'echappee belle | 23 octobre 2004



A deux heures de Bangkok, la province chinoise

du Yunnan, au nord du Laos, recèle bien des merveilles naturelles et humaines,
qu'un environnement touristique bien développé permet de visiter en toute
quiétude.

De grandes plaines herbeuses où paissent dans
un silence venteux des herdes de yaks et quelques chevaux ; des lacs à la
pureté cristalline, miroirs d'un ciel tourmenté ; des sommets blancs à
tous les horizons, qui se perdent dans les nuages. Vous voilà au Shangri-La, le
district le plus septentrional de la province chinoise du Yunnan, à proximité
de la frontière tibétaine. Shangri-La : du nom d'un mythe bouddhiste
tibétain, une ère future et un lieu improbable, baigné de paix, d'harmonie
entre les hommes, de dignité humaine. Et l'on peut effectivement croire, dans
ces plaines tranquilles, à plus de 3000 mètres d'altitude, que l'on est arrivé
au bout de sa quête personnelle prescrite par Paulo Coelho, dans une sorte de
paradis « new age » .

Mais pour parvenir au Shangri-La, en venant de
Bangkok, il vous faudra en passer par plusieurs étapes, comme une sorte
d'escalier vers l'émerveillement.

Le vol jusqu'à Kunming ne vous prendra que deux heures (Thai Airways et China Eastern, environ 9000 bahts). La capitale de la province, grande ville chinoise sans beaucoup d'intérêt, mérite cependant qu'on s'y arrête pour quelques déplacements, notamment au temple des bambous perdu dans la verdure ou dans les « collines de l'Ouest », où une série de monastères domine le lac Dian de plusieurs centaines de mètres.

Kunming est également une étape pour les
gastronomes, qui ne manqueront pas les « nouilles de l'autre côté du
pont ». La recette de cet énorme bol de soupe de nouilles couverte d'une
légère couche de graisse, aurait été inventée par une femme qui devait faire un
long trajet pour amener ses repas chauds à son mari. Vous pouvez également vous
laisser tenter par les petits restaurants tenus, dans une rue du centre-ville,
par la minorité musulmane. La rue en question, aux maisons traditionnelles,
vaut en tout cas le détour : c'est l'une des seules à avoir résisté à
l'appétit des promoteurs qui ont transformé Kunming en alignements de
cages-à-béton.

Sur les berges du lac Erhai

Pour quitter Kunming et se diriger vers Dali, étape suivante, mieux vaut prendre le train, deux fois plus rapide que le bus, et qui traverse un paysage tout en collines et en petits villages aux maisons en torchis et aux toits recourbés. La vieille ville de Dali, aux demeures rénovées et aux rues parfaitement pavées, n'est à vrai dire qu'un

attrape-touristes chinois. On y prend peu de plaisir à y flaner, tant sont
nombreuses les boutiques de souvenirs, les vendeuses de rue en habit
traditionnel de la minorité Baï et les groupes de touristes chinois braillards
qui suivent le drapeau jaune ou blanc et le mégaphone de leur guide. La visite
des « trois pagodes », un peu au Nord, au milieu de jardins coupés au
cordeau, ne vaut pas le prix outrageant de 50 yuans (250 bahts) demandé à
l'entrée. Il vaut mieux consacrer son temps à entreprendre un tour du lac
Erhai, où de nombreux villages conservent toute leur authenticité. Xizhou,
l'ancienne capitale impériale du Nanzhao, comprend ainsi près de 80 résidences
familiales, dont certaines, imposantes, peuvent être visitées. Sur la berge du
lac, à l'opposé de Dali, un artiste chinois a fait bâtir dans son village situé
sur une presqu'île une demeure futuriste, toute de verre, de pierre et d'acier.
On peut la visiter en s'adressant à la Guest-House 5 de Dali, dont le propriétaire
est un ami de l'artiste.

Lijiang à la lumière des lanternes rouges

Ceux qui choisiront d'arrêter leur voyage à

Dali manqueront le joyau urbain de la région : la vieille ville de Lijiang,
à une centaine de kilomètres au Nord.

Véritable labyrinthe de petites rues pavées

entrelacées, parcourue par des canaux à l'eau pure et aux reflets verts de la
rivière de Jade dont elle tire son nom, Lijiang s'est posée au cœur d'une
plaine entourée de monts majestueux. Une petite ville si charmante que certains
étrangers choisissent d'y passer plusieurs mois par an. Bien sûr, ici aussi, les
touristes chinois envahissent les pavés. Mais la vieille cité, inscrite au
patrimoine culturel de l'Humanité par l'Unesco, est suffisamment grande pour
que l'on puisse s'y balader en paix. Et le soir, à la lumière des lanternes
rouges, lorsque les hordes de touristes ont rejoint leurs hôtels dans la
nouvelle ville hideuse qui entoure le vieux Lijiang, les promenades n'en sont
que plus agréables. La culture de la minorité Naxi, qui possède sa propre
écriture et parvint pendant des siècles à conserver son originalité tout en
demeurant vassale de l'empire du Ciel, mérite qu'on s'y intéresse de près. On
visitera notamment la résidence de la famille Mu, qui régna sur le peuple Naxi
pendant 22 générations et 470 ans, jusqu'en l'an 1723, date à laquelle la
dynastie Qing décida d'envoyer ses propres officiels pour gérer directement la
province.

Au nord de Lijiang, une excursion dans le parc de la montagne enneigée du Dragon de Jade s'impose, même si le porte-monnaie s'en ressent (difficile, au total, de s'en tirer pour moins de 500 yuans – 2500 bahts – par personne).
Le massif montagneux en lui-même est imposant :

culminant à 5596 mètres, il figure l'avant-garde orientale de l'Himalaya. Et
par un téléphérique, il est possible de grimper jusqu'à 4600 mètres, pour
observer l'impressionnant glacier, le plus au Sud de l'Asie, qui descend de ses
flancs. De nombreuses balades, à pied ou à cheval, mènent à des paturages en
altitude, au milieu de denses forêts de conifères où paissent yaks, chevaux et
chèvres.

S'approcher du ciel

Même si l'on laisse Lijiang derrière soi à

regrets, il s'agit ensuite de reprendre la route vers le Nord, pour partir à la
découverte du mystérieux Shangri-La. La route qui mène à ce paradis perdu se
fraye un chemin parmi des vallées encaissées, longe un temps le Yang-Tsé,
fleuve aux remous impétueux et ocres. En chemin, les voyageurs les plus
téméraires visiteront en deux ou trois jours les gorges du saut du tigre, où le
fleuve s'emballe au cœur d'un défilé parfois profond de deux mille mètres. Mais
attention : de nombreux touristes y ont trouvé la mort ces dernières
années, dans des éboulements qui arrachent sans prévenir les chemins et la
route.

Au sortir d'une vallée encaissée, par un col

embrumé, la route débouche sur un immense plateau verdoyant en été, couvert de
blanc l'hiver, parsemé de hautes maisons aux murs blancs, aux piliers penchés
et aux fenêtres décorées. Le district de Diqing, également appelé Shangri-La,
faisait autrefois partie de la province du Tibet oriental. La ville de
Zhongdian, en son cœur, est un bled poussiéreux que les Chinois colonisent à
grand renfort d'immeubles et d'hôtels sans style, même si le vieux quartier, en
rénovation actuellement, devrait retrouver bientôt un certain charme.

Les tibétains sont majoritaires dans la région

et leurs monastères, majestueux « potalas », par leurs ors et leurs
prestances, indiquent que c'est bien ici que l'on peut s'approcher du ciel
physiquement et spirituellement. Ceux qui ne peuvent ou ne veulent se rendre au
Tibet, encore très cher, trouveront de quoi satisfaire leur désir de connaître
la culture tibétaine. Ils goûteront, avec circonspection, au thé au beurre de
yak, humeront l'air des grandes plaines en scrutant les cimes et rouleront à
vélo ou pataugeront en été dans des prairies aux millions de fleurs. Les
adeptes de l'alpinisme peuvent entreprendre des treks de plusieurs jours, au
sein d'un environnement qu'on dit l'un des plus purs de la planète. Ils reviendront
alors, plein d'usage et raison, s'encrasser les poumons dans notre bonne
vieille Cité des Anges...
François Tourane
Encadré
Guides : « Yunnan », chez Asia
Horizons (www.asiahorizons.com) et l'incontournable Lonely Planet
« Chine ».
A lire aussi : « Searching for
Shangri-La, an alternative philosophy travelogue », de Laurence J. Brahm,
chez Higher Education Press (disponible sur place dans les librairies).



Publié par tourane à 15:07:24 dans voyages | Commentaires (0) |

1|

Tous les derniers titres