• tsunami thaïlande : analyse

    La Thaïlande touchée, mais pas coulée

    L’industrie du tourisme devrait se relever rapidement de la catastrophe. Les impacts politique et économique seront également négligeables.

    Tout ce qui ne vous tue pas vous renforce. L’adage nietzchéen pourrait bien s’adapter au secteur du tourisme thaïlandais. Malgré les dévastations dues au tsunami du 26 décembre, et les milliers de personnes qui ont trouvé la mort sur les plages du Sud, l’industrie du tourisme devrait selon toute vraisemblance ne connaître qu’un impact négatif à court terme.

    Bien-sûr, si l’on regarde dans les détails, et sans parler des pertes humaines douloureuses, certains acteurs auront perdu gros dans cette affaire, notamment les propriétaires ou les gérants des resorts ravagés par la vague. Mais dans l’ensemble, la reprise des activités et le retour des hordes de touristes ne devrait pas tarder, une fois l’impact psychologique aténué.

    Sur Phuket notamment, l’ensemble du réseau routier est intact et les principaux services publics fonctionnent normalement. Mi-janvier, selon l’office du tourisme -TAT, 25000 chambres d’hôtel sur les 31000 que compte l’île pouvaient déjà accueillir les touristes, ainsi que 8000 à Krabi.

    Un mois après la catastrophe, les travaux de reconstruction de nombreuses guest-houses, cafés ou restaurants près du front de mer étaient achevés et ces établissements pouvaient à nouveau servir des clients. Seule la région de Khao Lak, la plus touchée, ainsi que l’île de Phi Phi semblent marquées durablement par la catastrophe et devraient mettre de longs mois à s’en remettre. Le Méridien Phuket Beach resort pourrait rouvrir ses portes début avril, mais Le Méridien de Khao Lak devrait rester fermé au moins jusqu’au mois de novembre.

    Ecologie : un mal pour un bien

    Les écologistes, de leur côté, sans se réjouir de la catastrophe, expliquent que le tsunami aura des conséquences positives si les autorités veulent bien prendre en compte des objectifs de développement durable dans les projets de réhabilitation des zones touchées.

    Les plages nettoyées par la vague ont, selon de nombreux témoignages, retrouvé leur aspect d’avant le tourisme de masse. Les " verts " thaïlandais estiment ainsi qu’il faut empêcher le retour de toutes les constructions illégales, restaurants et boutiques, qui polluaient la vue et l’environnement des rivages le long de la côte d’Andaman. Si cela fera sans doute quelques mécontents, les touristes venus profiter des plages redevenues paradisiaques ne pourront y perdre au change.

    Retrouver la confiance des tour-opérateurs

    Si les établissements touristiques de la région sinistrée seront rapidement, dans leur grande majorité, en état de fonctionner normalement, encore faudra-t-il qu’ils aient des clients à accueillir. Hormis quelques images de touristes allemands bedonnants sirotant une Heineken sur une plage de Phuket, les nouvelles de janvier n’ont rien fait pour donner envie de se prélasser à nouveau sous les cocotiers de la côte d’Andaman. Et encore, ils furent nombreux ceux qui trouvèrent indécente l’idée de passer des vacances à peu de distance de morgues pleines et de douleurs imprescriptibles.

    Les médias, sans déroger à leur rôle de vautours-voyeurs, pour lequel un public mateur et amateur de souffrances humaines les paie en toute innocence, ont montré les images les plus terribles. Et relayé les informations les plus nocives pour l’industrie du tourisme : réseaux de pédophiles enlevant prétendument des enfants dans les hôpitaux, plages souillées et polluées par les cadavres pourrissant dans l’eau et sous le soleil, maladies et épidémies potentielles. La vie qui poursuivait son cours dans les multiples lieux non affectés par la catastrophe n’a pas fait la moindre Une.

    " Phuket a besoin du retour des touristes "

    De fait, les " conseils aux voyageurs " de la plupart des ambassades occidentales décourageaient début janvier la visite de l’ensemble de la zone sinistrée. Le TAT, ainsi que les associations d’hôteliers et de voyagistes, ont tenté d’enrayer cet enchaînement de mauvaises nouvelles. Ils ont ainsi envoyé nombre de messages aux tour-opérateurs européens, dont certains avaient rapidement redirigé leurs clients vers les Caraïbes, pour " renverser l’image donnée par les reportages biaisés des télévisions ".

    " Nous essayons d’aider nos amis, les employés (de l’industrie du tourisme) et leurs familles en expliquant les faits et en envoyant des photos dans l’espoir que les gérants et les commerciaux (des tour-opérateurs) changent d’avis ", explique Vincent Tabuteau, d’East-West Siam. " Phuket a besoin du retour des touristes. L’île est très proche d’un retour à la normale. "

    Cette obstination a donné quelques résultats, puisque plusieurs ambassades, France et Norvège en tête, ont à la mi-janvier donné des " conseils aux voyageurs " beaucoup plus rassurants. Les autorités, en affirmant que l’eau de mer à Phuket était propre, non contaminée et qu’on pouvait s’y baigner sans risques, ont mis la main à la pâte. Le TAT a réalisé une vidéo documentaire de huit minutes pour restaurer l’image des stations balnéaires du Sud du pays, diffusée dans toutes les ambassades du royaume. On s’attend donc, dès le début février, à la réouverture de nombreuses liaisons aériennes vers Phuket et au retour progressif des visiteurs étrangers et de leurs devises.

    Croissance maintenue

    Selon la plupart des experts, le coût économique du tsunami pourra facilement être absorbé par la Thaïlande. Selon des chiffres officiels publiés par le Bangkok Post, les dommages sont estimés entre 780 millions et 1,35 milliard de dollars. Mais selon le ministère des Finances, la valeur économique des six provinces affectées ne représente que 2,7% du PNB. La croissance du pays en 2005 ne devrait pas être affectée outre mesure, d’autant que la reconstruction et la réhabilitation des bâtiments touchés pourrait relancer le secteur du bâtiment. Le gouvernement a d’ailleurs maintenu ses prévisions de croissance à 5,5-6,5% pour l’année en cours.

    Thaksin haut la main

    Les conséquences politiques de la catastrophe ne sont pas à négliger. Mais, là non plus, la vague mortelle n’a pas modifié l’ordre des choses. Elle n’a fait qu’amplifier une tendance bien établie : l’emprise du Premier ministre Thaksin Shinawatra et de son parti, Thai Rak Thai, sur les institutions du royaume. L’homme fort du pays a bénéficié de dizaines d’heures de couverture télévisée : visitant à de nombreuses reprises les victimes sur place, limogeant le directeur de la météo nationale, refusant en toute fierté l’aide financière internationale. Au final, à la veille des élections législatives, sa popularité atteint des sommets. Plus de 80% de ses concitoyens lui font confiance pour gérer les affaires du pays. La plupart des observateurs ne doutent plus que le Thai Rak Thai remporte haut-la-main le scrutin du 6 février, majorité absolue à la clé.

    Le tsunami, événement naturel qui a bouleversé en quelques instants et pour longtemps tant de vies thaïlandaises et étrangères, laissera dans les mémoires individuelles bien des souffrances, mais peu de rancoeurs. D’ici à quelques mois, à quelques exceptions près, la Thaïlande immuable, avec son lot d’émerveillements et de désagréments ordinaires, retrouvera son sourire, toujours aussi impénétrable.

    François Tourane


  • Commentaires

    1
    joanie
    Mardi 9 Janvier 2007 à 16:25
    tsunami en thailande
    pk cela ser til produit vous le marquer pas ??? pis cest koi quil a de particulier niveau geographhique vous le marquer pas il na rien dimportant dans ce que vous marquer ! svp rajouter des chose...
    2
    moi
    Mardi 9 Janvier 2007 à 19:22
    merci
    de cette remarque extremement constructive!
    3
    Mercredi 10 Janvier 2007 à 17:55
    tsunami en thailande
    stp veut tu rajouter der information pcq ont ner a lecole pis faut travailler sur se sujet stp stps stp stp stp stp stp
    4
    Mercredi 10 Janvier 2007 à 17:56
    tsunami en thailande
    stp veut tu rajouter der information pcq ont ner a lecole pis faut travailler sur se sujet stp stps stp stp stp stp stp repond a toute nos question stp la grandeur de la petite ou grande et la quantiter de populatin ? est ce une ville riche ou une ville pauvre ?? donne des exemple ?
    5
    Mercredi 10 Janvier 2007 à 17:59
    tsunami en thailande
    la ville va telle etre reconstruis apres les degat du tsunami ?? combien ya til eu de mort ??? les degat aurais tu plus etre eviter ??? maintenant cest quoi quont devrais faire pour etre eviter des degat ? en tent quespere aver vous des conseil a nous donner a moi et ma cher amie valerie??
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